Communiqué ANPAPS : une victoire qui appelle au dialogue

Le 2 février 2026

Engagé depuis plusieurs années pour la pédagogie Steiner-Waldorf – que je connais pour l’avoir vécue – je savais que mon rôle serait difficile. Les pédagogies alternatives, surtout les approches éducatives non conventionnelles, suscitent rarement des échanges sereins.

Un pourfendeur de cette pédagogie – pour des raisons qui lui appartiennent – a voulu étouffer le débat contradictoire, en m’attaquant au tribunal. Posture incohérente, dans la mesure où c’est lui qui a souhaité créer un débat public sur ce sujet alors qu’il n’avait pas lieu d’être.

La justice ayant tranché l’affaire en appel (lire la dépêche de ToutEduc [1]), notre contradicteur vient de porter l’affaire devant la Cour de cassation, je peux, moi aussi, m’exprimer en portant la voix de mon association et de l’équipe formidable qui la compose.

Ce n’est bien sûr pas ma situation personnelle qui est ici en jeu, mais plutôt le pluralisme pédagogique et le respect du libre choix éducatif, qui sont des principes largement mis à mal dans notre pays, parfois de manière brutale, de façon choquante.

Et d’autant plus choquante que le système éducatif français fait l’objet de critiques largement documentées : harcèlement scolaire ; reproduction des inégalités ; difficultés mises en évidence par les enquêtes internationales ; orientations subies ; etc.

C’est donc dans la continuité de l’engagement de ma mère, Janine Tavernier, dans la lutte contre les sectes (les vraies) et par respect pour les nombreuses familles ayant fait un choix éducatif réfléchi, que je continuerai de défendre publiquement ce que je crois être juste.

L’ANPAPS va continuer de promouvoir cette pédagogie. Gageons que les institutions et autres missions qui ont fait une confiance aveugle à ce « témoin précieux » acceptent enfin notre demande de dialogue. Nous pourrions ainsi leur apporter notre expertise en matière : de rythme scolaires (cours de 45 min, savoirs théoriques le matin) ; d’exposition aux écrans ; d’apprentissage aux matières artistiques et manuelles ; de lien à la nature ; etc. Tous ces sujets recommandés par la Convention citoyenne sur le temps de l’enfant sont déjà appliqués – depuis des décennies – dans les écoles Steiner-Waldorf !

Pour autant, j’ai bien conscience que cette pédagogie peut toujours progresser (comme toutes les pédagogies). Aussi, quoi de mieux que la voie du dialogue pour y parvenir ?

Mais, pour ce faire, faudrait-il que les prétendus défenseurs de la laïcité acceptent l’existence de pensées et d’opinions différentes ; car, sous couvert de la défendre, l’envisageant sous une forme fermée et punitive, au mépris de ses principes fondateurs, ils combattent toute idée de spiritualité et censurent toute expression ne rentrant pas dans leur champ restreint.

Sans parler des opposants qui, par nature, rejettent toute idée d’école privée, sans même connaître les conditions d’écolage spécifiques aux établissements Steiner.

Vous l’aurez compris, je pense que ce débat sur les pédagogies alternatives mérite mieux que des caricatures ou des oppositions idéologiques. Il appelle de la nuance, de la rigueur et une véritable ouverture d’esprit.

Pour celles et ceux que le sujet intéresse, vous pouvez lire ici [2] les nombreux témoignages publics et sourcés d’anciens élèves de cette pédagogie, et visionner ici [3]  quelques centaines de shorts et interviews de parents, anciens élèves et pédagogues. Vous découvrirez que leur dénominateur commun prouve que celle-ci développe et favorise « l’esprit critique », soit l’exact contraire de ce qui est recherché par une secte.

Nicolas Tavernier et l’équipe de l’ANPAPS

[1] G. Perra, principal accusateur des écoles Steiner, débouté en appel de sa plainte pour diffamation

[2] Témoignages recueillis par l’ANPAPS : https://anpaps.org/category/temoignages/

[3] Shorts et interview enregistrées par l’ANPAPS : https://www.youtube.com/@anpaps/playlist